Planifier un voyage, c’est excitant. Cependant, entre les réservations, les valises et l’itinéraire, il y a un détail qui peut changer complètement l’expérience : le temps consacré à la préparation santé.
Parce qu’au fond, un voyage réussi, ce n’est pas seulement un beau coucher de soleil. C’est aussi un voyage où l’on évite la fièvre, la diarrhée, les piqûres qui tournent mal ou le fameux « j’aurais donc dû y penser ». Voici des façons simples de se préparer pour partir l’esprit tranquille.

Ne pas s’y prendre à la dernière minute
Pour la majorité des destinations, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé ayant de l’expérience en santé‑voyage idéalement environ 6 semaines avant le départ.
Ce délai existe pour une bonne raison. En effet, plusieurs vaccins peuvent nécessiter un calendrier avec des doses espacées. Aussi, les recommandations, autant vaccinales que pour les médicaments, varient selon l’âge, l’état de santé, la destination, la durée du séjour et le type de voyage.
S’y prendre d’avance permet de comprendre les risques, de poser ses questions et d’ajuster la trousse santé. Cela aide aussi à organiser les vaccins ou prescriptions sans se retrouver en mode « panique de départ ».
La consultation pré‑voyage : à quoi ça sert, concrètement ?
Une consultation pré‑voyage, ce n’est pas juste « se faire piquer ». C’est une évaluation complète pour réduire les risques pendant le séjour.
Le professionnel peut vérifier si vos vaccins de base sont à jour et déterminer si vous avez besoin de vaccins liés à votre destination ou à vos activités. Ensuite, il peut vous donner des conseils pour prévenir les maladies. Il peut aussi prescrire certains médicaments préventifs ou à utiliser en cas de problème acquis en voyage, comme la diarrhée du voyageur.
Astuce simple : apportez votre itinéraire (même brouillon), votre carnet de vaccination et la liste de vos médicaments. Ça rend la rencontre plus efficace.
Les vaccins : trois catégories à connaître
En santé‑voyage, on parle généralement de trois grandes catégories de vaccins.
D’abord, les vaccins « de base » (ceux du Programme québécois d’immunisation), par exemple le vaccin contre la rougeole. Ensuite, les vaccins recommandés selon votre destination, par exemple le vaccin contre la typhoïde. Enfin, certains vaccins peuvent être exigés par le Règlement sanitaire international pour entrer dans certains pays, comme la fièvre jaune.
L’idée n’est pas de tout recevoir « au cas où », mais d’avoir les bons vaccins pour votre voyage, selon votre situation.
Le vaccin contre la fièvre jaune, un vaccin un peu à part…
Le vaccin contre la fièvre jaune est particulier. D’abord parce qu’il peut être exigé pour entrer dans certains pays, et parfois selon votre itinéraire (ex. transit). Ensuite, parce qu’il n’est pas offert partout.
À noter : Le vaccin contre la fièvre jaune doit être administré dans un Centre de vaccination désigné, car des exigences et des procédures précises doivent être respectées. Notamment, il faut gérer les documents officiels, comme le Certificat international de vaccination ou de prophylaxie, et assurer la conformité du centre. En pratique, certaines pharmacies font partie des centres désignés, et plusieurs cliniques santé‑voyage sont outillées pour l’offrir lorsque c’est indiqué.
Le chikungunya, pourquoi on en parle plus qu’avant?
Le chikungunya est un virus transmis par des moustiques du genre Aedes (les mêmes moustiques impliqués dans d’autres infections comme la dengue). Quand il frappe, il peut provoquer une forte fièvre et surtout des douleurs articulaires marquées, parfois prolongées.
Ce qu’il faut retenir, c’est que la meilleure protection reste la prévention des piqûres. Concrètement, on applique un chasse‑moustiques efficace, on porte des vêtements longs et on utilise une moustiquaire au besoin. De plus, on reste vigilant le jour, puisque les Aedes piquent souvent à ce moment. Cette petite discipline évite beaucoup de gros ennuis.
Autre nouveauté, il existe maintenant un vaccin contre le chikungunya. Il est indiqué pour certains voyageurs de 18 à 64 ans qui se rendent dans un pays où une éclosion est en cours. La décision se prend au cas par cas avec un professionnel formé en santé‑voyage. Comme il s’agit d’un vaccin vivant atténué, il n’est pas indiqué notamment pendant la grossesse, en situation d’immunodépression, ni chez les personnes de 65 ans et plus.
Ce n’est pas nécessairement un service formel avec rendez-vous (même si certaines pharmacies l’offrent). Souvent, ça se fait de façon plus informelle. Prenez quelques minutes avec votre pharmacien pour faire le point, surtout quand vous venez à la pharmacie pour venir chercher vos médicaments. L’important, c’est de prendre ce temps ensemble si nécessaire.
Les médicaments voyage que le pharmacien peut prescrire (selon le cas)
La préparation santé‑voyage, ce n’est pas seulement la vaccination. Selon votre destination et votre profil, votre pharmacien peut aussi évaluer avec vous certains besoins en médicaments.
Par exemple, pour les voyages dans des zones à risque, on peut discuter de la prévention du paludisme (malaria) avec une médication qui se prend selon un calendrier précis.
On peut aussi prévoir une approche claire pour la diarrhée du voyageur. Vous aurez les informations sur quoi faire d’abord, notamment l’hydratation. Vous saurez aussi quels symptômes surveiller et quoi utiliser si la situation devient plus intense ou invalidante.
Pour certains itinéraires en altitude (treks, Andes, etc.), une discussion sur la prévention ou le traitement du mal aigu des montagnes peut aussi être pertinente.
À retenir essentiellement : ce n’est jamais un kit universel. Les choix se font au cas par cas, selon le pays, la saison, les activités, l’âge, les maladies chroniques et les autres médicaments.
La trousse santé voyage : simple, mais bien pensée
Assurez‑vous d’avoir vos médicaments d’ordonnance en quantité suffisante, idéalement avec un petit surplus. Gardez-les dans leurs contenants d’origine bien étiquetés. Ensuite, ajoutez quelques incontournables en vente libre pour la douleur, la fièvre et les allergies.
Ajoutez aussi quelque chose pour les nausées et le nécessaire pour les petits bobos, comme pansements et antiseptique.
Enfin, pensez à la prévention dans les destinations où les moustiques sont un enjeu. Prévoyez du chasse‑moustiques, des vêtements adaptés et de bonnes habitudes de protection.
Sur place : les précautions qui évitent le plus de problèmes
Beaucoup de maladies de voyage se préviennent avec des mesures très terre‑à‑terre.
Pour l’eau et les aliments, l’INSPQ rappelle des réflexes simples. Il faut se laver les mains avec de l’eau savonneuse ou une solution à base d’alcool 70%. Pour l’alimentation, on mange des aliments cuits, bouillis adéquatement ou pelés et on boit de l’eau bouillie, traitée ou embouteillée selon la destination.
Pour les infections respiratoires (COVID‑19, grippe, rougeole, etc.), on revient aux bases. C’est à dire, l’hygiène des mains, porter le masque si vous avez des symptômes respiratoires ou si vous allez dans des lieux bondés et s’assurer d’avoir sa vaccination à jour.
Pour les animaux, il faut éviter de toucher les animaux errants. Faites attention de surveiller les enfants et consulter rapidement en cas de morsure/griffure, surtout dans les régions où la rage est un risque.
Quand une clinique santé‑voyage est préférable
Dans plusieurs cas, un pharmacien peut vous aider à bien vous préparer. Mais une clinique santé‑voyage peut devenir la meilleure option quand le voyage est plus complexe. De longs séjours, des itinéraire multi‑pays, des régions éloignées peuvent parfois rendre la préparation complexe. N’hésitez-pas à demander des informations à votre pharmacien. Au besoin, celui-ci pourra vous référer vers la meilleure ressource.
Ne pas oublier l’assurance voyage !
Un point souvent sous‑estimé est l’assurance voyage (incluant l’assistance et le rapatriement). Ce n’est pas la section la plus glamour d’un voyage, mais c’est parfois celle qu’on regrette le plus d’avoir négligée. Prenez le temps de bien vous assurer et partez la tête tranquille.
Avant de partir : votre pharmacien reste un bon point de départ
Même si aucun rendez‑vous n’apparaît sur Clic Santé, surtout pour la vaccination, il ne faut pas conclure que ce n’est pas disponible. Le plus simple reste d’en parler directement à votre pharmacien. Il peut vérifier votre carnet de vaccination, vos besoins selon la destination et votre profil de santé. Il peut aussi réaliser la plupart des actions nécessaires pour la préparation : médicaments, trousse et mesures de prévention.
Et même si votre pharmacie n’administre pas certains vaccins, ça ne veut pas dire qu’elle ne peut rien faire pour vous. Votre pharmacien peut vous conseiller et proposer des recommandations vaccinales adaptées. Ensuite, il peut vous orienter vers l’endroit le plus approprié pour recevoir les vaccins, que ce soit une autre pharmacie, un CLSC ou une clinique santé‑voyage.
Bon voyage… et surtout, bon voyage en santé!
Auteur : Jean-Philippe Simon, pharmacien
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